Voice database GDPR-safe

Les pratiques du traitement des données voix dans le milieu audiovisuel

Si les « comédiens-voix » sont souvent peu connus du grand public, leurs voix habillent tous les moments de notre vie. Elles sont indispensables dans l’audiovisuel : pour le doublage des films et des séries, pour la création des voix des jeux-vidéos, des dessins animés et des films d’animation, mais aussi pour les narrations de documentaire, de livre-audio, de film institutionnel et encore pour les audio-guides, les cours d’e-learning, la téléphonie, à la SNCF et dans l’ascenseur ! Chacune de ces voix a été choisie lors d’un casting qui a demandé la validation de nombreux acteurs du métier de la voix.

Le directeur artistique et le studio d’enregistrement sont les premiers à faire le casting et à écouter de nombreux extraits audio pour repérer la voix idéale, ils envoient ensuite ces data-voix pour validation à la société de post-production. Celle-ci les enregistre, les écoute, valide ou non ce casting et l’opération se répète jusqu’à ce que le choix de l’ensemble des voix lui convienne. Elle peut alors proposer son casting à son client, major de cinéma, agence publicitaire, éditeur de jeu vidéo, qui lui aussi recevra ces data, les enregistrera, les écoutera et donnera son aval ou non.

Les extraits voix circulent donc entre les différents acteurs de l’industrie de la voix-off et du doublage et leurs clients, et sur différents supports, ordinateurs, téléphones portables, clés usb, email (courriel) et même parfois sur de bons vieux CD ! Comment sont gérées ces données ?

Chaque organisation possède sa propre base de données, ou utilise des bases de données publiques (telles que https://www.voxingpro.com ) et/ou conserve les données sans précaution particulière. Les données des voix sont donc stockées, traitées, partagées et retraitées encore par d’autres, dans une circulation qui ressemble à ça : Alors, ces pratiques, bien qu’habituelles, sont-elles conformes ?

Ce que dit le RGPD :

  • la voix est une donnée personnelle ;
  • son traitement doit être fondé sur une base juridique (le consentement, l’exécution d’un contrat, le respect d’une obligation légale, la protections des intérêts vitaux, l’intérêt public et l’intérêt légitime)
  • les individus possèdent des droits vis-à-vis de leurs données : droit d’accès, droit d’opposition, droit de rectification, droit à l’oubli, droit à la limitation du traitement, droit à la portabilité. La voix est donc une donnée très sensible (voir article « La voix est une donnée personnelle ») et si certaines sociétés ont déjà pris en compte la gestion des données personnelles « classiques » de leurs artistes, la partie data-voix semble totalement ignorée, qu’il s’agisse du consentement des artistes ou des droits d’accès à leurs données

A l’heure des voix de synthèse et des logiciels capables de modifier les phrases prononcées, le RGPD donne donc l’occasion d’une remise en cause salvatrice. Une révolution s’annonce qui disciplinera les échanges, protégera les voix des comédiens et clarifiera certainement la question de savoir qui possède la base de données et qui y accède, et l’utilisation massive de bases de données publiques.

Le cloud, une fois de plus, tirera son épingle du jeu en permettant des consultations simples et sécurisés sans autre circulation des données : une technique que les sociétés appliquent déjà pour le recrutement et la gestion des CV.

Avertissement : Toutes les données et informations fournies dans cet article de blog sont uniquement à des fins d’information. Mediartis ne fait aucune déclaration quant à l’exactitude, l’exhaustivité, l’actualité, la pertinence ou la validité des informations contenues dans ce document. Nous vous recommandons de consulter un avocat pour tout conseil juridique relatif au respect de la protection des données.


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